Hallucinations

Sur un lit hasardeux

Apparence ô fin d’automne, hiver tête foncée, printemps trempé de boue.

Pattes je vous aime et je vous loue. Et d’envelopper ainsi cœur et abdomen et mon cerveau, pâle et translucide. Dans cette vaste plaine, de 1 à 2 millimètres de long, où par les longues nuits la girouette s’enroue, cycle de vie. Mon âme, mieux qu’au temps des colonies à reproduction continue, mieux qu’au temps du tiède renouveau…

Mœurs qui ouvriront largement ses ailes de corbeau, rien n’est plus doux qu’un régime alimentaire. Au cœur, plein de choses funèbres, à l’intérieur : substances sucrées. Et grasses, longtemps. Ô blafardes saisons, reines à l’extérieur de nos climats. Insectes permanents produisant du miellat.

Un hippopotame tire une carriole.

Nids par un soir sans lune. Et à l’intérieur, petits espaces, près d’endormir la douleur vide dans les murs ; sur un lit hasardeux à l’extérieur, dans les pots de fleurs de ce terrible paysage, sous les objets que jamais mortel ne vit, posés au sol, sous des écorces libres, les vagues, lointaines.

Attirées par un caprice singulier, des zones à forte humidité peuvent être trouvées. L’enivrante monotonie du métal, dans les placards de cuisine, dans un palais infini, dans une salle de bain.

Tombant dans l’or mat ou bruni, une colonie se suspendait, éblouissante, à des murailles de plusieurs nids.

D’après La Fourmi fantôme et le poète Charles Baudelaire
Texte : Paolo Golfino – Image : Circus Hippo Pulling a Cart, 1924.
10/2028