Tendre ampoule électrique

Ce que le soleil peut #3

Et la jeune fille dansait,
Très en avance sur la mort.
Et l’aigle au-dessus des steppes,
Et la truite aux lèvres des ruisseaux
Approuvaient cet écart,
Cette distance insoluble 
Où se forgent les règnes éblouis.

Je meurs, je ressuscite ? Un cyanotype de Jean-Luc Aribaud pour sa série « Ce que le soleil peut », dans Magazine Aléatoire.

Et la jeune fille dansait,
Dans ce présent de feu
Et de jardin abandonné,
Entre les fées de sa naissance
Et les anges noirs du futur.
Et la jeune fille disait :
Immortelle je fus,
Immortelle je suis,
Infiniment réinventée 
Par l’ineffable joie de cette danse.
Sans jamais me soumettre,
Là je meurs, là-bas je ressuscite.

Jean-Luc Aribaud. Vivant. Miette dans la mandibule, ses deux ailes de papillon ont fondu sur l’expérience du réel absolu avant de surprendre l’énergie du hasard. D’altérités en passages, de chimères en réceptacles, de comètes en vérités, il consentit à la poésie en me soufflant : retourne-toi il n’y a rien.

Poème extrait de Là où la parole se tient posée, éditions Abordo. Cyanotype réalisé sur l’ouvrage de botanique de H. Coupin, 1920.

En savoir plus : @jeanlucaribaud

Lire aussi : Ce que le soleil peut #2 — Ce que le soleil peut #1 — Je vois #4 — Je vois #3 — Je vois #2 — Je vois #1

Texte et image : Jean-Luc Aribaud.
05/2023

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