Tendre ampoule électrique
Noir goudron
Moite et cireux il s’est évanoui. Son corps est une vaste contusion. Sa respiration est régulière et son désir est dense mais il n’a pas encore décidé du chemin à prendre. Beaucoup de formes aiguës le contraignent dans une danse macabre en huit. Rêve d’or. Tiges éparses à terre. Sceau de la flétrissure. Oui, ce signe, là. La chaleur du bitume le rappelle à la raison. La douleur est intense. Un gros chiffon collé. Comme ses paupières qu’il peine à rouvrir. Ses souvenirs se détachent. En dire plus aurait été bénéfique. Ou pas. Trop tard. Il se sent repartir. Les contacts avec le réel cessent graduellement d’être honorés. La prise avec l’autre en lui migre vers une contrée visqueuse. Rana aurea. Rana sanguinea. Rana brama. Des yeux globuleux de toutes les nuances de terre possibles à la surface des marais. L’histoire a commencé comme ça et il ignore si les augures seront propices mais il continue de se réciter à l’envers un alphabet oublié. Sa peau à lui, il ne sait plus très bien. Il aurait pu faire quelque chose avant. Or tout s’est répété comme tout s’est dissipé. Sur un sol chaud. Dans un mirage étendu. Semblant se détacher des résineux pour entrer encore plus profondément en lui. De probabilité en probabilité, se disséminer en points aléatoirement structurés. Devenir une constante n’existant que par soustraction. Et dans ce qui fut peut-être advenu, une figuration aux multiples préfixes. Dépris dans l’éclat du dedans, noir goudron, enfin incarné.







