Anachronique
Vacuité, pare-brise
239. L’apparence est la figure unique, le visage même de l’apparition.
149. Et si c’est à la mer et qu’on est deux, se lécher mutuellement la peau.
385. Quel sens y a‑t-il à parier pour la taupe contre le papillon ou à exalter la rose plutôt que le chardon ?
316. Nous ne souhaitons rien tant que l’effacement. Or ce vouloir est à rebours de l’effacement.
802. La phrase La phrase est mal faite est bien faite.
691. Nous restons obnubilés par la pureté. Un gramme d’ombre suffit à nous gâter la clarté.
806. Cesse de ne pas caresser. Cesse de cesser. L’idée, c’est de caresser l’idée – sans cesse, de caresser.
760. Ça tombe, j’aime bien – ça tombe bien.
638. Comment ne pas la qualifier de mauvaise, celle qui prétend soulever les montagnes ?
340. Tergiverser – il y a là le début d’une sorte de paréidolie érotique.
275. À l’évidence, vide et dense ne s’entendent que dans cet(te) évidence.
42. Dans un monde où la souffrance est une valeur, l’indolence est perçue comme une mollesse.
685. Parler de journée blanche, comme qui dirait cadavre en putréfaction.
407. L’amour inspire des rigodons. L’affection, des ritournelles. On sait les métaphysiques fruits du ressentiment.
113. On dit qu’on reconnaît le génie – par ailleurs intraduisible – à ce qu’il infuse l’esprit jusque dans les pires reproductions de sa lettre.
240. Inextricable apparence. Indéchiffrable faciès.
8. Ce qui dédouble enferme. La symétrie clôture.
546. Peine perdue, douce ironie : c’est à la joie plus qu’à la peine qu’il nous faut dire adieu.
36. Qui voudrait d’une vérité ayant passé la barrière des lèvres ? Que vaudrait une vérité qui ne le tenterait pas ?
481. Jolis mots de mai : silhouette, fuseau, vacuité, pare-brise.
Faites un trou peu profond dans le sable. Si vous ne voyez pas créez un trouble au plafond dans le sas. Toujours rien ? Pourtant il y a un double dans le fond. C’est mieux qu’un subterfuge, c’est un dédoublement, on l’appelle Ana Tot.
« Vacuité, pare-brise » fait partie de l’ouvrage Caresser l’idée, 900 approximations, approximativement – et pour commencer d’Ana Tot. Pour Magazine Aléatoire, morceaux choisis…
En savoir plus : @Ana-Tot-Grand-Os
Lire aussi : Les stylos — Affameurs d’asticots — Ses mains sur ta peau — Bienvenue en enfer — Jeux de nains — Mes lunettes — Les trois muets — Le signal
Texte : Ana Tot — Image : d’après One-Handed Sign Language Alphabet. The Encyclopaedia Britannica Company, 1910.
02/2026







