L’entrevue aéroplane

Foncer vers elle

Grandes pompes, à vélo, en automobile, regarder voir la petite cérémonie des questions volatiles. Sonia Ouali s’est prêtée. Portrait flou flou.

Un paysage vu d'une automobile.
Magazine Aléatoire — Tu as levé les yeux ?

Sonia Ouali — Un jour d’orage, orange et gris. Réveil de deuil, blanc cassé. Soir d’anniversaire sourd, tout noir. Ce matin, ailleurs.

L’aérosol porte-il bien son nom ?

Il expire simplement, sans dormir. Il aurait pu s’appeler Le Soldat, l’Amoureux ou l’Enfant Roi.

Lorsque quelque chose est si rétréci qu’il n’est plus qu’un point minuscule, qu’en penses-tu ?

Qu’il s’agirait de célébrer en grandes pompes l’existence discrète de sa petite cérémonie, de sa pensée qui sautille, du retour de pli au petit col de sa petite chemise de point minuscule, de sa nouvelle désinvolture de point minuscule.

Une météorite fonce sur toi, tu connais les consignes ? Qu’en fais-tu ?

Je suis les consignes : rester vertical, ne pas lui tourner le dos, tenir le regard, lui parler doucement, comme avec les chevaux, si ça accroche, foncer vers elle.

Si le ciel est dégagé, de quoi as-tu peur ?

Qu’il reste bloqué. Puis qu’il se tende comme un long tissu, le temps avec, et les voix. Mais je vois un nuage revenir de demain et tout va mieux.

Plutôt disciple ou indicible ?

Disciple de la reine indicible. Sous son bras je danse !

Nous n’avons plus le temps. Tu veux quelque chose ?

Un totem fait du bois des lignes de leurs mains, à l’odeur de vos joues, aux couleurs de mes nuits.

Plus étudiante, storyboardeuse, indépendante, court-métrageuse, partante. Sonia Ouali traverse. Lille, Valenciennes, Paris, de jour comme de nuit.

Entretien : Paolo Golfino — Image : Sonia Ouali.
9/2019